Jardins et Risques de propagation incendie : quelles sont les plantes à éviter ?
- HWD
- 6 juin 2024
- 4 min de lecture
Défendre efficacement votre habitation contre les incendies, c'est en synthèse déployer un panel d'actions ayant pour but de réduire au maximum la vulnérabilité de votre maison en cas de feu.
Cela passera par la conjonction d'opérations de défense dîte passive - débroussaillement (OLD), aménagements de jardin, aménagements extérieurs, matériaux de construction - et d'opérations de défense dîte active - mouillage préventif à l'aide d'un kit de prévention incendie ou encore grâce à la solution d'autoprotection House Water Dome.
Ces opérations auront pour objectifs de limiter voire d'empêcher la propagation du feu jusqu'au bâti grâce à l'élimination de combustibles à proximité (organique et non organique) et au mouillage des matériaux du bâtiment. (eau seule ou eau + additif de type retardant feu de classe A)
Vous trouverez dans cet article des informations et conseils relatifs aux opérations d'aménagement de jardin. Nous souhaitons par cet article, attirer votre attention sur les caractéristiques de certaines plantes très courantes dans le sud de la France qu'il faudrait pourtant éviter, ou du moins éloigner de votre maison.

Que sont les plantes et arbres pyrophytes ou pyrophiles ?
Terminologie encore peu connue, ces plantes sont capables de résister au feu ou pour certaines d’en profiter pour se reproduire. Le terme « pyrophyte » vient du grec « pyro » qui signifie « feu » et « phyte » qui signifie relatif aux plantes.
La nature étant cohérente, ces plantes et arbres vivent généralement dans un milieu favorable aux incendies, et nous les trouvons donc évidemment en région méditerranéenne.
Nous pouvons les classer en 2 catégories :
les plantes pyrophytes actives : favorisent le développement des feux.
les plantes pyrophytes passives : résistent au feu
Quelles sont leurs différences principales et spécificités ?
Comme les pins et les eucalyptus, les plantes pyrophytes actives favorisent la propagation des feux à cause des substances inflammables qu’elles contiennent. Le feu leur permet d'éliminer les plantes concurrentes situées sur "leur territoire", leur laissant ainsi toute la place pour se développer.
Certaines d'entres elles utiliseront le feu différemment pour par exemple libérer leurs graines et se reproduire. Le flux thermique et la chaleur intense produit par l'incendie permettront d'ouvrir (voire de faire exploser) certaines coques et de projeter des graines à plusieurs dizaines de mètres. Et cette particularité n'est pas sans conséquence sur la propagation des incendies.
Les plantes pyrophytes passives quant à elles ont développé d'autres stratégies afin de résister au feu : écorce très épaisse, plantes gorgées d’eau, arbres au bois dense, feuillage fin recouvert d’une couche de protection ou encore systèmes racinaires développés assurant la régénération de la la plante.
Quelques exemples de plantes pyrophytes courantes en région sud :
le chêne-liège : il est adapté pour survivre aux incendies grâce à son écorce épaisse. Cette écorce le protège non seulement des flammes mais aussi du flux thermique généré par les feux.
les plantes succulentes, les cactus, les agaves : gorgées d'eau, elles résistent aux incendies grâce cette caractéristique qui les empêchent de s'enflammer rapidement.
l’olivier, l’amandier : ils se protègent des feux grâce à leur bois dense et à leur feuillage à cuticules.
Les exemples ci-dessus sont donc des espèces pyrophytes passives, résistantes aux feux mais qu'en est-il des plantes pyrophytes actives pouvant favoriser la propagation des incendies vers votre habitation ?
L'eucalyptus : riche en huiles essentielles et vapeurs hautement inflammables, l'eucalyptus favorisera la progression des feux. De plus, la décomposition longue de son feuillage une fois tombé au sol produira par accumulation une litière sèche favorable à l’embrasement.
Le pin maritime : particulièrement inflammables comme de nombreuses espèces de résineux. Leurs aiguilles et leur écorce produisent de la résine permettant la fabrication d’essence de térébenthine. Il va donc s'en dire que les pins sont extrêmement sensibles aux feux de forêt. Les pins ont également comme particularité de stocker une grande partie de leur bois mort (et sec) augmentant mécaniquement le volume de combustibles. Dernier point, la chute d'aiguilles et leur accumulation au sol aura pour conséquence de créer une litière sèche persistante et très inflammable au pieds des arbres.
Le cyprès : conifère star. Les espèces les plus connues et répandues sont les cyprès d’Italie ou de Provence, les cyprès de Lambert et les cyprès de Leyland. Ils sont généralement plantés en bouquet ou en ligne afin de constituer une haie brise vue. Et sont très souvent proches des habitations. Leur feuillage aromatique reste particulièrement inflammable et une fois mort, celui-ci a tendance à s’accumuler dans l'arbre lui-même. Le cyprès est l’un des végétaux les plus à risques pour les sapeurs pompiers.
Le bambou : le risque réside dans le feuillage très fin pouvant s’enflammer et se consumer facilement et rapidement en périodes de sécheresse. Les bambous sont généralement très denses et les massifs sont sans discontinuité végétale, ce qui favorisera la propagation d’un incendie.
Le laurier sauce : comme pour l'eucalyptus, la présence d’essences naturelles dans leur feuillage (terpènes, phénols) les rend très inflammables. Une fois enflammés, ils brûlent longtemps et intensément. Les autres types de lauriers (rose par exemple) seront un peu moins sensibles s'ils sont arrosés en cas de sécheresse mais représentent tout de même un risque réel.
Le romarin : incontournable en région sud, c'est également la présence d'huiles essentielles qui le rendra très inflammable.
Cette liste n'est donc pas exhaustive mais elle permet de souligner que la composition d'un jardin n'est pas anodine en zone à risques feux de forêt et feux de végétation.